Certes, la qualité formelle de cette courte vidéo générée par intelligence artificielle force l’admiration : les images sont précises, la colorimétrie et l’esthétique des années cinquante sont restituées avec un soin remarquable, convoquant avec une fidélité troublante l’univers de ces publicités d’antan où l’on promettait un avenir radieux, mécanisé, presque utopique, à l’aube du troisième millénaire.
Et pourtant, quelque chose manque — quelque chose d’essentiel. Car si l’œil est flatté, l’esprit reste sur sa faim. L’ensemble demeure profondément décousu : une succession de séquences visuellement séduisantes mais narrativement orphelines, sans fil conducteur, sans intention dramaturgique. On contemple des fragments là où l’on espérait une œuvre.
C’est précisément ce vide scénaristique qui trahit la limite fondamentale de l’exercice. L’intelligence artificielle excelle à imiter, à recomposer, à sublimer une esthétique — mais elle achoppe encore sur l’essentiel du récit : l’intention, la cohérence, le souffle d’une histoire qui se tient. Il y manque un scénario original, une vision d’auteur.
Et c’est peut-être là, dans cet écart entre la virtuosité graphique et la pauvreté narrative, que se loge la réponse à une question que beaucoup se posent avec une inquiétude croissante : non, les longs-métrages entièrement conçus par IA ne sont pas pour demain — du moins, pas tant que la machine n’aura pas appris à raconter.