Cherche, cherche... Lycos revient !

Alors on m’apprend que Lycos revient. Lycos, oui, le portail avec le chien noir, celui qu’on utilisait entre 1998 et 2003 avant de comprendre qu’il existait autre chose, notamment Google, qui avait l’avantage de fonctionner. Pour ceux qui ont moins de trente-cinq ans, Lycos c’était un peu l’AOL du pauvre, ce qui reste un compliment quand on connaît le niveau général de l’époque. Et donc un certain Benjamin Romei, fondateur d’une boîte qui s’appelle ADN Contents — nom qui sonne comme un laboratoire de fécondation in vitro pour influenceurs — a décidé de le ressusciter. Sans prévenir personne officiellement, ce qui est quand même une méthode assez culottée, un peu comme si on rouvrait un Minitel en douce et qu’on attendait de voir qui viendrait taper 3615.

Et figurez-vous que ça marche. Des milliers d’inscriptions déjà, portées par la nostalgie, ce doux poison qui nous fait regretter des choses qu’on détestait à l’époque — un peu comme moi avec mon service militaire que je n’ai jamais fait mais que j’imagine terrible avec émotion. On nous promet un moteur de recherche, un agrégateur d’actus et des pages personnelles personnalisables, ce qui ressemble beaucoup à MySpace, qui lui-même a fini comme Lycos, c’est-à-dire nulle part, ce qui devrait peut-être interroger quelqu’un dans la chaîne de décision.

Détail savoureux : on abandonne le chien noir. Pour des raisons juridiques, nous dit-on, pas pour des raisons esthétiques, ce qui est troublant parce que le chien, c’était quand même la seule chose sympathique du projet. Un Lycos sans chien, c’est un peu Ricoré sans le petit-déjeuner en famille, ça garde le goût amer sans le folklore qui faisait passer la pilule.

L’objectif affiché, c’est de redevenir « une porte d’entrée simplifiée du web français pour toutes les générations », formule qui sent le communiqué de presse rédigé un dimanche soir dans l’urgence. Le modèle économique, lui, mélange pub et services premium, ce qui est la définition même d’internet depuis 2004, donc là au moins on ne réinvente rien.

Hello
Lycos ne me « parle » pas !
AOL un peu et Compuserve beaucoup …
Bye, Pat