Vous connaissez cette scène. Vous déballez une souris flambant neuve — une Logitech® MX Master, disons, parce que c’est peut-être la meilleure souris de bureau qui existe — et pour en tirer la moindre miette de configuration avancée, on vous demande de créer un compte. Un compte. Pour régler la vitesse du défilement. Je vous laisse méditer sur cela.
C’est là qu’entre en scène OpenLogi, développé par AprilNEA en Rust — ce langage qui a le vent en poupe en ce moment, et pour de bonnes raisons. L’idée derrière ce projet est simple, presque désarmante : offrir une alternative légère et open source au logiciel officiel Logitech Options+, sans imposer ni compte, ni télémétrie, ni la moindre collecte de données qu’on n’a jamais demandée.
Est-ce que cela veut dire qu’on sacrifie les fonctionnalités avancées au nom du principe ? Non, non. Vous n’y êtes pas du tout. OpenLogi dialogue directement avec le périphérique via le protocole HID++ (Human Interface Device Plus Plus, le langage propriétaire que Logitech® utilise pour communiquer avec ses souris et claviers), et permet le remappage des boutons, la gestion fine du DPI (points par pouce, autrement dit la sensibilité du capteur) et le fameux défilement SmartShift, qui bascule automatiquement entre mode cranté et mode libre selon la vitesse de votre geste. Tout ce que vous faisiez déjà avec le logiciel officiel — mais sans le compte, sans le cloud, sans le reste.
Et les réglages, où vont-ils, me direz-vous, si ce n’est pas sur les serveurs de Logitech® ? Eh bien nulle part de mystérieux : dans un simple fichier TOML, stocké localement sur votre machine. Vous pouvez l’ouvrir, le lire, le modifier à la main si le cœur vous en dit. Pas de boîte noire, pas de service qui tourne en tâche de fond à envoyer on ne sait quoi vers on ne sait où.
Ajoutez à cela une compatibilité native avec macOS, Linux et Windows®, et vous obtenez un outil qui fait une chose et la fait bien — sans les vingt couches de superflu que les éditeurs empilent aujourd’hui sous prétexte d’« expérience utilisateur enrichie ». La belle affaire !
On en revient toujours au même constat, celui qu’on pourrait dresser pour bien des logiciels propriétaires : la fonctionnalité ne justifie jamais, à elle seule, le compte, le cloud et la collecte qui vont avec. OpenLogi le prouve avec quelques centaines de lignes de Rust et un fichier texte. Rien moins que ça.
Lire l’article de Korben :