Qu'est-ce qu'une spirale?

Cette image est un vestige emblématique de l’histoire de la télévision française. Il s’agit de la célèbre Horloge de l’ORTF (Office de Radiodiffusion-Télévision Française).

Voici des détails sur son origine, son look et sa géométrie particulière :

1. Origine et Contexte

Cette horloge a été créée en 1959 par le décorateur et graphiste Christian Houriez. Elle a fait sa première apparition sur les écrans le 24 décembre 1959.

À l’époque, la télévision n’émettait pas 24h/24. L’horloge servait de « générique d’attente » avant le début des programmes ou entre deux émissions. Elle est restée à l’antenne pendant l’ère de la RTF, puis de l’ORTF, jusque dans les années 70. Elle est indissociable d’une musique hypnotique (un tic-tac électronique doublé d’une mélodie au célesta) composée par Jean-Jacques Grünenwald.

2. Un look iconique et futuriste

Pour l’époque, ce design était extrêmement moderne, presque « spatial » ou psychédélique.

  • Les éléments : On y voit 12 petites sphères (représentant les heures) qui semblent flotter dans l’espace.
  • L’effet de profondeur : Le fond est composé de lignes radiales qui convergent vers le centre, créant une illusion de perspective et d’aspiration vers le centre de l’écran.
  • Les aiguilles : Elles étaient très fines et semblaient surgir du néant central.

3. La géométrie : Est-ce vraiment une spirale ?

Oui, c’est bien une spirale, mais elle joue sur une illusion d’optique intéressante.

  • Quel type de spirale ? Graphiquement, elle se rapproche de la spirale d’Archimède. Dans une spirale d’Archimède, la distance entre chaque « tour » (les spires) reste constante. Ici, le tracé relie les 12 boules selon une courbe qui s’éloigne progressivement du centre.
  • L’illusion : Ce qui perturbe l’œil, c’est le mélange entre :
    1. La spirale qui porte les boules (mouvement courbe).
    2. Les lignes droites radiales en arrière-plan (mouvement centrifuge).
  • Est-ce une « vraie » spirale ? En géométrie pure, une spirale est une courbe qui tourne autour d’un point central en s’en éloignant. Le design de Christian Houriez respecte parfaitement cette définition. Les boules ne sont pas placées sur des cercles concentriques fermés, mais sur une seule et même ligne continue qui s’enroule.

Pourquoi est-elle restée dans les mémoires ?

Elle est devenue culte car elle représentait pour des millions de Français le signal que « la télévision allait commencer ». Son aspect un peu mystérieux, presque ésotérique, et son silence rythmé par le tic-tac ont marqué toute une génération. Elle est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre du design graphique télévisuel minimaliste.

Peut-on générer une spirale en AutoLISP?

:sparkles: Comme AutoCAD® ne possède pas d’entité primitive « Spirale 2D » (l’hélice est une entité 3D), nous devons la générer mathématiquement. La forme la plus classique est la Spirale d’Archimède, où le rayon augmente proportionnellement à l’angle ($r = a\theta$).

Voici une routine optimisée qui dessine cette spirale sous forme de Polyligne légère (LWPOLYLINE).

SPIRALE.lsp (1,6 Ko)

Pourquoi cette méthode est « Judicieuse » ?

  1. Pas de command : J’utilise entmake. C’est instantané, insensible aux accrochages objets (OSMODE) et ne pollue pas l’historique.

  2. Calcul vectoriel : Elle calcule les points polaires et les convertit pour créer une polyligne fluide.

Le Code (Spirale d’Archimède)

(defun c:SPIRALE (/ cen n_tours pas segs_par_tour inc_ang inc_rad ang rad i lst_verts)
  
  ;; 1. Saisie des données
  (if (and (setq cen (getpoint "\nCentre de la spirale : "))
           (setq n_tours (getint "\nNombre de tours : "))
           (setq pas (getdist cen "\nAccroissement par tour (Pas) : ")))
    (progn
      ;; 2. Paramètres de résolution
      (setq segs_par_tour 72)              ; 72 segments = 1 point tous les 5 degrés (compromis fluidité/poids)
      (setq inc_ang (/ (* 2.0 pi) segs_par_tour)) ; Incrément d'angle (radians)
      (setq inc_rad (/ pas (float segs_par_tour))) ; Incrément de rayon
      
      ;; Initialisation
      (setq ang 0.0)
      (setq rad 0.0)
      (setq i 0)
      
      ;; 3. Boucle de calcul des sommets (Vertices)
      ;; On construit la liste des points (Code 10) à l'envers pour la performance (cons)
      (repeat (1+ (* n_tours segs_par_tour))
        (setq lst_verts (cons (cons 10 (polar cen ang rad)) lst_verts))
        (setq ang (+ ang inc_ang))
        (setq rad (+ rad inc_rad))
      )
      
      ;; 4. Création de l'entité via ENTMAKE
      (entmake
        (append
          (list
            '(0 . "LWPOLYLINE")       ; Type d'entité
            '(100 . "AcDbEntity")
            '(100 . "AcDbPolyline")
            (cons 90 (length lst_verts)) ; Nombre de sommets
            '(70 . 0)                 ; 0 = Ouverte, 1 = Fermée
          )
          (reverse lst_verts)         ; On remet les points dans l'ordre
        )
      )
      (princ "\nSpirale créée avec succès.")
    )
    (princ "\nAnnulé.")
  )
  (princ)
)

Analyse technique pour le développeur

  • Résolution : J’ai fixé segs_par_tour à 72. Plus ce chiffre est haut, plus la courbe est lisse, mais plus le dessin est lourd.

  • Construction de liste : Dans la boucle repeat, j’utilise cons pour empiler les points. C’est beaucoup plus rapide que append sur de grandes itérations. Je renverse la liste (reverse) à la fin juste avant la création.

  • Mathématiques : La fonction clé est polar. Elle prend le centre, l’angle courant et le rayon courant (qui grandit à chaque pas) pour renvoyer les coordonnées X,Y.