Voici un résumé synthétique des échanges issus du fil de discussion BIM… LE MIRAGE DU BIM… et si on arrêtait de pousser Mémé dans les orties ? sur la communauté Autodesk.
Cette discussion oppose la vision théorique et institutionnelle du BIM (Building Information Modeling) à la réalité opérationnelle des TPE/PME et des entreprises de Tous Corps d’État (TCE) sur le terrain.
1. Le constat initial : Le « faux BIM » du terrain (Christian REB)
Christian REB (formateur et consultant) lance le débat en qualifiant le BIM actuel de « mirage marketing » pour la majorité des acteurs du bâtiment :
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Déconnexion terrain / théorie : Bien que les entreprises de terrain et d’infrastructure représentent près de 60 % des utilisateurs de CAO, le BIM collaboratif ne concernerait en réalité que 5 % des acteurs (maîtrises d’œuvre majeures et grands groupes).
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Les « crêpes 2D » : Les maquettes 3D fournies sont souvent des coquilles vides sans données exploitables (le « I » d’Information est mort). Elles finissent aplaties en fichiers 2D (.DWG) lourds et pollués que les artisans doivent nettoyer sur AutoCAD LT pour pouvoir travailler.
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Métrés et exploitation : Les économistes et gestionnaires de parc immobilier finissent par délaisser la 3D complexe pour repasser sur Excel et un AutoCAD 2D optimisé (polylignes fermées, blocs attributs dynamiques).
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Solution prônée : Pour les TPE/PME, la véritable rentabilité réside dans un AutoCAD LT rigoureusement méthodologique (gabarits stricts, blocs dynamiques, scripts et extraction automatique vers Excel).
2. Les principaux points de vue exprimés
A. La vision « Systèmes d’Information & ERP » (Didier Lourdelle)
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Le BIM est une méthode, pas un logiciel : Le problème vient de maquettes mal renseignées, mais la démarche BIM garde tout son sens lorsqu’elle est reliée aux SI (ERP, GED, GMAO).
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Évolution inévitable : À l’image de la transition de la planche à dessin vers la DAO, le secteur évolue vers la centralisation des données via des API et du code (.NET, AutoLISP).
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Complémentarité : L’objectif n’est pas d’éliminer AutoCAD, mais de connecter les outils graphiques aux bases de données pour éviter les double-saisies manuelles sur Excel.
B. Le problème des normes et de l’interopérabilité (Joël Chamberlan)
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Conçu par des informaticiens, pas des techniciens : La norme BIM est jugée trop complexe et illisible pour les petites structures qui n’exploitent qu’une fraction des données requises.
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Le fiasco du format IFC : Les formats d’échange théoriquement universels (IFC) souffrent de nombreux bugs d’import/export entre logiciels propriétaires (Revit, ArchiCAD, etc.).
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L’exemple open-source : Il souligne paradoxalement que des projets comme l’extension BIM de Blender (gratuit) respectent mieux la norme IFC que certains grands éditeurs commerciaux.
C. La vision « Grand Groupe » et transition numérique (Olivier Simon)
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Résistance au changement : Le BIM permet de mieux concevoir, de réduire les incertitudes de chantier et de limiter l’empreinte carbone des ouvrages.
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Fin du « tout 2D » : La multiplication de plans 2D papier devient obsolète face à une maquette numérique partagée.
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Défi compétitif : Refuser d’évoluer expose la profession à la concurrence d’acteurs étrangers plus agiles.
3. Synthèse des débats
Le fil illustre une fracture marquée dans l’industrie du bâtiment :
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D’un côté, le BIM théorique / Grand Groupe : Indispensable pour la structuration de données complexes, la réduction des incertitudes et la gestion globale du cycle de vie des grands ouvrages.
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De l’autre, le pragmatisme du chantier (TPE/PME) : Où la recherche de marge, la rapidité d’exécution et la lisibilité immédiate font qu’un AutoCAD 2D bien configuré et maîtrisé reste perçu comme bien plus agile, fiable et économique qu’une « usine à gaz 3D ».