John Walker, fondateur et ancien président d’Autodesk, a apporté des contributions majeures au domaine des automates cellulaires (dont le Jeu de la Vie est l’exemple le plus célèbre) à travers la création et l’évolution du logiciel CelLab.
Contributions à CelLab et aux automates cellulaires
- Co-créateur de l’œuvre originale : En 1988 et 1989, alors qu’il travaillait au laboratoire de recherche d’Autodesk, John Walker a développé la première édition de Cellular Automata Laboratory (aujourd’hui CelLab) en collaboration avec Rudy Rucker.
- Développement technique et optimisation : À l’époque des premiers PC (IBM PC/AT), Walker a dû utiliser des astuces de programmation complexes en langage assembleur pour permettre au simulateur de fonctionner sur des machines limitées.
- Pérennisation du projet (WebCA) : Après la fermeture du laboratoire de recherche d’Autodesk, il a travaillé à rendre le logiciel accessible gratuitement. En 2017, il a entrepris de réécrire le système en JavaScript et HTML5. Cette version, nommée WebCA, permet de faire tourner les automates cellulaires directement dans un navigateur web avec des performances impressionnantes (jusqu’à 100 générations par seconde), sans dépendre de logiciels propriétaires ou de systèmes d’exploitation spécifiques.
- Outils de développement : Il a fourni des kits de développement incluant le code source (en JavaScript et Java) pour permettre à d’autres de créer leurs propres règles et expérimentations.
Raisons de son intérêt pour ce sujet
L’intérêt de John Walker pour les automates cellulaires reposait sur plusieurs visions clés du futur de l’informatique :
- L’exploration scientifique : Le projet initial faisait partie de la « Autodesk Science Series », dont le but était d’utiliser la simulation informatique pour explorer les mathématiques et les sciences.
- L’avenir du graphisme et de la simulation : Walker et Rucker prévoyaient que les automates cellulaires deviendraient essentiels pour les graphismes informatiques commerciaux, la simulation de systèmes biologiques (vie artificielle) et l’étude de phénomènes physiques comme les flux de chaleur ou la turbulence.
- L’informatique massivement parallèle : Il considérait les automates cellulaires comme un excellent modèle pour concevoir des ordinateurs massivement parallèles. Puisque chaque cellule se met à jour indépendamment en fonction de ses voisins, c’est un exemple parfait de parallélisme et de localité.
- L’accessibilité et l’indépendance technologique : Walker souhaitait offrir ces outils aux « personnes créatives » et s’est battu contre l’obsolescence logicielle (ce qu’il appelle la « mort par Microsoft ») en transformant le logiciel en standard web ouvert.
Nul doute que si John Walker était encore avec nous, il aurait été passionné par cette vidéo en particulier de EGO, dont je ne peux que vous recommander chaudement toutes ses vidéos: