Les PDAs des années 1980, le Casio PB-700

Le Casio PB-700 : La Bête de Poche des Années 80 ! :video_game:

Celui-là, je l’ai acheté en 1985, 10 ans avant l’achat de mon Psion 3A, j’avais acheté un peu plus tard séparément le système d’accueil, le dock comme on dit, qui avait une micro cassette pour sauvegarder les programmes.

Quand Casio décidait de mettre un ordi dans ta poche (avant que ce soit cool)

Imaginez : on est en 1983, les walkman sont à la mode, et Casio débarque avec le PB-700. Pas une simple calculette programmable pour faire tes devoirs de maths, non non ! Un vrai « Ordinateur Personnel » qui tient dans la poche. Genre, vraiment dans la poche. Bon, une grosse poche, mais quand même.

L’engin était clairement la rolls des ordinateurs de poche de l’époque. Pendant que les concurrents sortaient des trucs avec des écrans minuscules qui affichaient péniblement une ligne de texte, Casio arrivait avec son PB-700 comme un boss, avec un écran graphique multi-lignes. C’était un peu comme passer de la Game Boy à la Game Boy Color à l’époque !

La guerre des poches : PB-700 vs le reste du monde

Sur le ring, le PB-700 affrontait le Sharp PC-1500 (le costaud du coin) et le Tandy TRS-80 PC-2. Le Sharp était peut-être plus puissant sur le papier et pouvait même faire de l’assembleur (pour les vrais geeks), mais le PB-700 avait un écran tellement plus beau que c’était pas du jeu. Et puis franchement, qui n’aime pas appuyer sur de vraies touches en plastique dur plutôt que sur un clavier en caoutchouc tout mou ?

Casio avait compris un truc : les ingénieurs et les scientifiques qui se trimballent cet ordinateur de poche veulent VOIR ce qu’ils font. Et pour ça, l’écran du PB-700 était nickel.

Les tripes de la bête :wrench:

Le cerveau Au cœur de cette petite merveille, un processeur VLSI custom (probablement de la famille Hitachi HD61xxx) qui consommait que dalle. Parce que oui, épuiser des piles en 2 heures, c’était pas le délire.

Les specs, pour les curieux :

  • ROM : 32 Ko (avec le système et le BASIC dedans)
  • RAM : 4 Ko de base, mais tu pouvais monter jusqu’à 16 Ko (luxe suprême !)
  • Poids : 315g avec les piles - bon, c’est pas une plume, mais c’est mieux qu’un PC de bureau des années 80 !

L’écran qui en jette :television:

Là, on touche au sublime. Un LCD monochrome qui faisait :

  • Mode texte : 4 lignes de 20 caractères (fini l’époque des affichages à une ligne !)
  • Mode graphique : 160 x 32 pixels - soit 5 120 points que tu peux contrôler individuellement pour dessiner tout ce que tu veux

Pour l’époque, c’était carrément bluffant.

L’alimentation double niveau :battery:

Casio avait pensé à tout pour pas que tu perdes tes programmes :

  • Système principal : 4 piles AA (les classiques)
  • Backup de secours : Une petite pile bouton CR-1220 qui gardait ta mémoire en vie même quand tu changeais les piles principales

Malin, non ?

Le clavier qui claque :musical_keyboard:

Un vrai clavier AZERTY avec des touches qui font « clic » quand tu appuies dessus (satisfaisant !). Et le petit plus génial : un pavé numérique sur le côté droit. Tu allumes la machine et BAM, calculatrice scientifique instantanée, sans même changer de mode.

Programmer comme un chef :laptop:

Le Casio BASIC : ton nouveau meilleur ami

Le PB-700 tournait avec une version optimisée du Casio BASIC. Un langage qui ne rigolait pas avec les maths : calculs avec une précision de 12 chiffres pour la mantisse et 2 pour l’exposant. Autant dire que pour tes équations du troisième degré, t’étais peinard.

La mémoire segmentée : le système D avant l’heure

Tiens-toi bien : le PB-700 te donnait 10 zones de programmes indépendantes (P0 à P9). C’était un peu comme avoir 10 fichiers différents sur ton ordinateur de poche. Tu pouvais mettre :

  • Ton programme de stats en P0
  • Ton convertisseur d’unités en P1
  • Ton générateur de labyrinthes en P2 (pour s’amuser entre deux calculs)
  • Et ainsi de suite !

Franchement révolutionnaire pour l’époque. T’avais littéralement une boîte à outils complète dans ta poche.

Charger des programmes ? Easy !

Via une interface cassette (oui oui, les bonnes vieilles cassettes audio), tu pouvais charger des programmes : des jeux simplistes, des générateurs de graphiques, des trucs pour afficher des bannières… Bref, de quoi personnaliser ton joujou.

Les commandes BASIC : ta nouvelle langue maternelle

Quelques exemples de ce que tu pouvais faire :

Commandes de base :

  • LIST : Affiche ton programme
  • LOAD : Charge depuis une cassette
  • SAVE : Sauvegarde sur cassette
  • NEW : Efface tout (attention aux doigts qui glissent !)
  • RUN : Lance le programme
  • PASS : Protège ton code avec un mot de passe (très James Bond)

Pour afficher et dessiner :

  • PRINT : Affiche à l’écran
  • LPRINT : Imprime sur imprimante
  • INPUT : Demande des infos à l’utilisateur
  • LOCATE : Positionne le curseur
  • DRAW/DRAWC : Dessine des points et des lignes (hello l’artiste !)

Les boucles et les données :

  • FOR/TO/STEP/NEXT : La boucle classique
  • DATA/READ/RESTORE : Stocke et lit des données

Maths et fonctions :

  • Tout le package trigonométrique : SIN, COS, TAN
  • Les logs, exponentielles, racines carrées…
  • RND : Le générateur de nombres aléatoires (pour tes jeux !)

Manipulation de texte :

  • LEN, LEFT$, RIGHT$, MID$ : Découpe et triture tes chaînes
  • ASC, CHR$ : Jongle avec l’ASCII
  • VAL, STR$ : Convertis tout ce que tu veux

Booster la machine :rocket:

Extension mémoire : de 4 à 16 Ko !

Le PB-700 avait trois emplacements pour des modules OR-4 (4 Ko chacun). Tu pouvais donc transformer ta machine :

  • De base : 4 Ko (2 864 octets utilisables)
  • + 1 module : 8 Ko (6 780 octets dispo)
  • + 2 modules : 12 Ko (10 876 octets - on commence à respirer !)
  • + 3 modules : 16 Ko (14 972 octets - le grand luxe !)

Les périphériques de folie :artist_palette:

Là, Casio a vraiment mis le paquet. Le PB-700 pouvait se connecter à tout un tas d’accessoires qui le transformaient en véritable bureau portable :

Le FA-10 : Un traceur 4 couleurs avec des vrais stylos. Ton PB-700 devient artiste !

Le FA-11 : LA star des périphériques ! Un combo traceur 4 couleurs + lecteur de microcassettes. Le traceur utilisait une tourelle rotative pour changer de couleur de stylo (noir, bleu, vert, rouge) et un moteur pas à pas pour dessiner. Un petit bijou d’ingénierie !

Le FA-4 : Interface cassette + port parallèle Centronics. Avec ça, tu pouvais te connecter aux vraies imprimantes de bureau. Classe !

Le CM-1 : Un lecteur de micro-bandes intégré pour le stockage.

Le FP-40 : Une imprimante thermique (via l’interface SB-41) pour imprimer tes résultats.

Sauvegarder : l’époque des cassettes :videocassette:

Pour sauvegarder tes programmes, direction… la cassette audio ! Le PB-700 convertissait tout en tonalités FSK (Modulation par déplacement de fréquence - un nom bien technique pour dire « des bips et des bops ») qu’il enregistrait sur la bande magnétique.

C’était lent ? Oui. Ça marchait ? Oui ! Et honnêtement, attendre que ton programme se charge depuis une cassette, ça avait un certain charme rétro.

Les commandes SAVE et LOAD géraient tout ça, et tu pouvais même utiliser PUT pour sauvegarder des variables spécifiques.

Le verdict final :trophy:

Le Casio PB-700 était clairement en avance sur son temps. Un écran graphique de qualité, une gestion de mémoire astucieuse avec les 10 zones de programmes, un écosystème de périphériques impressionnant… C’était l’outil ultime pour les professionnels nomades de 1983.

Aujourd’hui, nos smartphones ont des millions de fois plus de puissance. Mais il y a quelque chose de magique dans ces machines qui tenaient dans la poche et qui te donnaient un contrôle total sur chaque pixel, chaque ligne de code. Le PB-700, c’était un peu le couteau suisse ultime du geek des années 80 ! :bullseye: